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Rio Overground, un blog photographique d'Alain Le Bacquer

Photojournalist, member of agency Picturetank, nomine Price HSBC 2007, publishing a book Pekin Underground, and a webdocumentary, Bourse Dailymotion 2011

28 Nov

La musique comme espoir

Publié par Alain Le Bacquer  - Catégories :  #Rio

Notes d'espoir
 

Dans les favelas de Rio de Janeiro, les enfants fraient avec la pauvreté, les drogues, et la violence. Une résistance s'organise pourtant au rythme des tambours. Grâce à la musique, des associations communautaires sauvent les jeunes des griffes des trafiquants en leur donnant un projet, une fierté. De son côté,  la municipalité, réhabilite ces zones oubliées, après avoir fait appel a la police militaire pour reprendre le terrain aux trafiquants. Le but : réintroduire une vie citoyenne sur ces collines d’exclusion. Intérogés par un récent sondage, les cariocas rêvent d’une ville en paix en 2016 pour la venue des Jeux Olympiques !

 

Sur les hauteurs d’Ipanema, dans la Zone Sud de Rio, la favela de Cantagale surplombe une ville de carte postale. C'est dans ce quartier déshérité de la capitale que s'est installée, il y a trois ans, Cassia Oliveira une ancienne employée de la Banque du Brésil. Son but : transmettre aux jeunes son amour de la musique. La maison qu’elle a louée au cœur de la favela est très vite devenue le refuge des enfants du quartier. Elle y enseigne le solfège et la musique classique, un pari jugé impensable à son arrivée. « J’ai voulu changer la réalité à Cantagale, confie cette professeur de chant de 51 ans. Quand je suis arrivée, la plupart des enfants étaient refermés sur leurs problèmes. Leur progression a été surprenante, tant sur le plan scolaire qu'émotif. Ils ont retrouvé confiance en eux. ». Classie, 15 ans, et sa copine Louana 13 ans, viennent presque tous les jours dans la maison de Cassia, qui sert de local de répétition et de salle de jeu pour les plus jeunes. Fabien, 15 ans accompagne les filles au piano électrique . Après l’école, au lieu de traîner dans les ruelles de la favela, ils s’y retrouvent à l’abri de la violence et des balles perdues qui tuent chaque année près de 600 jeunes des favelas de Rio. Cap vers le nord, en direction de la favela Vigário Geral, une des plus dangereuses de Rio. J'accompagne des jeunes qui vont y suivre un stage de percussion. Le long de l'autoroute, entre la riche Zona Sul et les banlieues du Nord, des centaines de collines plantées d’habitations faites de bric et de broc parsèment la ville. À Rio, on compte plus de 600 favelas où s'entassent cinq millions d’habitants, soit le tiers de la population urbaine. « La police laisse les trafiquants prospérer librement dans ces zones de non-droit, mais y fait parfois des incursions sauvages et tire sans sommation », m'explique Mary, Saiâo Coordinatrice pour l’organisme socio-culturel SESC Rio L'un de ces raids remonte à 1993. Des hommes de la police militaire y ont lancé une expédition punitive pour venger l’assassinat de quatre de leurs collègues, tuant une vingtaine d'innocents. Dans ce massacre, Anderson Sá, un ancien dealer, perd son frère ainsi que plusieurs amis. Il se demande alors comment mettre fin à ce cycle de violence. C'est le déclic : avec José Junior, un dj du coin, il décide d'utiliser la musique comme instrument de changement. Sa passion pour les rythmes afro, son charisme et son désir d'aider les jeunes feront de lui un véritable leader d'un mouvement social, l’un des plus dynamiques du Brésil : l’association Afro Reggae, à la fois école de batterie – battucada – et troupe de danse qui grouille de talents. Afro Reggae possède son propre studio d’enregistrement et sa radio locale. Sa devise : « La musique est notre arme ».
  

Un joyeux groupe d'adolescents se forme et se salue, tambour sur l’épaule. Angelo est l’un de ceux-là. Il a, lui aussi, préféré la musique aux armes. Après le départ de son père, alors qu'il avait huit ans, Angelo est devenu un petit vendeur de rues. La tentation est grande de rejoindre ses copains du gang. «  Au premier abord, la violence apparaît comme un jeu. Mais ça se paie. Même si on ne vous tue pas, vous devez rester sur vos gardes. La menace est toujours là », confie le jeune garçon, qui a découvert la musique d’Afro Reggae un soir de répétition dans une salle communautaire. Impressionné, il rentre chez lui et commence à produire des rythmes en tapant sur un vieux bidon en ferraille. Aujourd’hui, il est l'une des figures proue de la troupe de batteries Afro Lata, un autre groupe musical, qui se produit un peu partout à travers le Brésil. « Quand je suis sur scène avec mon tambour, je me sens comme un roi ! », dit-il fièrement. A la Rocinha ou dans la favela de Serinha, ce sont les écoles de Samba qui font office de lien social avec l’extérieur. « La samba est né sur les mornes » selon le célèbre air de samba.  En tout cas, elle rassemble le temps du carnaval les différentes couches sociales de la ville.

Ces initiatives sont les exemples de ce qui est entrain de changer dans certaines favelas de Rio. Le gouvernement brésilien et la municipalité de Rio  ont lancé il y a peu un vaste programme de réhabilitation des favelas accompagné de soutien aux projets sociaux et culturels afin de contrer la violence de ces quartiers. 
Reportage d'Alain Le Bacquer paru dans le magazine Chatelaine mars 2009 

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mel 24/02/2010 10:46


Toujours aussi magnifiques tes prises de Rio et de ses défilés ! Dur a dû être ton retour !
a bientot

Mél


Nicolas 21/12/2009 05:59


Bonjour,
Je viens de découvrir votre blog il y a dessus des choses agréable à regarder.
A l'occasion venez voir ce blog, www.nicolaslizier.com je suis graphiste.
Je vous souhaite une bonne continuation sur votre site qui mérite d'être vu.
A bientôt et joyeuses fêtes
Nicolas graphiste à Montréal


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